Semaine culturelle: intéresser les élèves à la tradition

La semaine culturelle dans les écoles, c’est un évènement phare dans l’agenda des élèves au Burkina. Pendant cette semaine, les élèves des lycées et collèges se jettent dans toute sorte d’activité culturelle, et certains e découvrent même une nouvelle vocation.

C’est devenu presqu’une étape obligée. La majorité des lycées et collèges du Burkina tiennent leurs semaines culturelles, dans les dernières semaines qui précèdent les congés ou les grandes vacances. Organisées par les bureaux des élèves, elles bénéficient néanmoins du soutien et de l’accompagnement de l’administration scolaire. Occasion pour les jeunes élèves de redécouvrir les richesses de leurs terroirs et de les valoriser.

La semaine culturelle dans les établissements, c’est un ensemble d’activités. D’abord les journées des vêtements traditionnelles.  Pour les élèves, ce n’est pas seulement l’occasion de s’affranchir de l’obligation de porter l’uniforme règlementaire, mais il s’agit surtout de les amener à valoriser leur culture. Avec l’appui des parents, beaucoup d’élèves arrivent dans les classes durant cette semaine, habillés des vêtements de « chez eux ». Des belles coiffures Peuls, aux bijoux faits de coques d’arachides des Bissa en passant par le foulard « liwli péédé » des Mossé, le chapeau couché sur le côté des Gourmantché ou encore le Faso danfani bleu foncé des Marka, c’est un défilé des plus intéressant qui se laisse apprécier dans les cours d’écoles. On y va de son mieux pour présenter son ethnie sous ses meilleurs jours.

Le Burkina est un pays multiethnique avec une légendaire cohabitation pacifique entre ces groupes. On compterait plus d’une soixantaine de d’ethnies dans le pays. Un grand potentiel culturel à faire découvrir aux plus jeunes.

La semaine culturelle, c’est aussi la nuit culturel. Une soirée pendant laquelle les élèves s’exercent à la prestation artistique, avec des représentations théâtrales, des sketchs, des play back et des ballets. Là encore, une part belle est faite à la culture du terroir. Les pas de danse Widbindé, binon et Warba, pour ne citer que ceux-là, rappellent aux élèves combien leur culture est riche.

Le clou de la semaine est généralement marqué par un bal, précédé d’une kermesse, un « Rassamdaaga », comme on l’appelle en langue mooré. Le « Rassamdaaga », c’est le lieu pour les élèves de déguster des mets traditionnels comme le gonré ou encore le badenda.

Cultiver l’amour de la culture chez les élèves

« La culture -diasait émilr Henriot- c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié ». C’est citation trouve son sens dans nos société, en proie à de fortes mutations. L’influence des cultures d’ailleurs, devenues trop présentes dans les habitudes de la jeune génération. Il n’est plus question à cette étape d’y mettre un frein. Toutefois, il faut trouver des mécanismes pour amoindrir leurs effets, car quand on adopte la culture d’autrui, on adopte du même coup sa manière de penser au détriment de la nôtre.

Le continent africain a des potentialités culturelles assez importantes que ses fils doivent connaître. Voilà pourquoi des évènements comme les semaines culturelles doivent être encouragés, surtout dans les centres urbains où certains enfants ignorent presque tout de chez eux. Si rien n’est fait, il ne faudrait pas s’étonner de voir émerger une génération de burkinabé qui refuse de consommer les produits locaux.

Nouroudine Lenoble LOUGUE

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