Phénomène des filles-mères à l’école : quand la famille se désengage

Au cours de l’année scolaire 2011-2012, 1016 cas de grossesses non désirées en milieu scolaire auraient été enregistrés dans 7 des 13 régions du Burkina. Le phénomène des filles-mères est bien réel sous nos cieux et cause de nombreux désagréments dans la vie de la fille.

Elles sont adolescentes en majorité et des fois, elles ont moins de 15 ans ; dans la plupart des cas, elles ont atteint le lycée, mais on les retrouve aussi dans les écoles primaires. Ces jeunes filles, mères et élèves en même temps, mettent au monde des enfants par accident, des enfants qu’elles n’ont pas désirés.

Souvent victimes de stigmatisation, celles-ci sont contraintes de fuir le domicile familial. Ceci met un terme à leurs études et les expose à d’énormes difficultés : incitation à la mendicité, à la prostitution, exposition aux pires formes de travail, etc.

La situation dramatique de ces filles est connue jusqu’au sommet de l’Etat. C’est ainsi que dans son programme politique, le Président de la république, Son Excellence Roch Marc Christian Kaboré a décidé de mettre un terme à toute forme d’exploitation de la jeune fille vulnérable. Il s’agit notamment d’œuvrer à réduire le taux d’abandon scolaire des jeunes filles de 70% et réinsérer les jeunes filles déscolarisées et non scolarisées dans les structures de formation professionnelle avec des mesures d’accompagnement pour leur installation.

Cette mesure du président, si elle fait l’objet d’une mise en œuvre effective, permettrait de lutter contre l’exploitation de la jeune fille. Cependant, elle ne solutionne pas le phénomène des filles-mères à proprement parler.

Concernant la lutte contre les grossesses non désirées en milieu scolaire, de nombreux projets passent par la méthode de la sensibilisation. Les jeunes filles sont informées sur les différentes méthodes contraceptives et sur les conséquences des grossesses non désirées sur les études.

La résolution définitive de cette question ne sera possible que si les familles elles-mêmes s’impliquent dans l’éducation sexuelle de leurs protégées. Il faudra pour cela abattre d’importante barrières culturelles. Considéré comme tabou, le sexe n’est pas un sujet de causerie en famille au Burkina. La jeune fille découvre et apprend tout d’elle-même et de ses amis, à ses risques et périls.

C’est à ce niveau que doivent intervenir l’État et les structures de lutte contre les grossesses non désirées : sensibiliser les parents à faire de l’éducation sexuelle de leurs enfants, fille comme garçon, une priorité.

 

Resbron Guy Barry

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