Ouagadougou ou l’incroyable suprématie des motocyclettes

En 2015, le nombre de motocyclettes immatriculées au Burkina était estimé à 765 000. Ouagadougou bat indiscutablement le record en matière d’utilisation des engins à deux roues en Afrique. Doit-on s’en réjouir ou plutôt s’en inquiéter ? En tout cas, un tour dans la capitale burkinabè vous permettra de faire un ensemble d’observations.

De prime abord, vous comprendrez que ici la motocyclette est un mal nécessaire. L’enfourcher par temps de chaleur et de pluie n’est certainement pas une partie de plaisir. Cependant, elle est indispensable quand il s’agit de s’engager sur des voies rendues hostiles par leur structure ou leur état de dégradation. Le nombre, sans cesse, croissant des motocyclettes s’explique également par l’état de développement embryonnaire des transports publics et l’inaccessibilité des transports privés (taxis).

Vous saurez aussi qu’être propriétaire d’une motocyclette au Burkina, c’est comme s’offrir un jean. Le plus important, c’est d’avoir de quoi payer… Ensuite, il vous faudra juste vous rendre au magasin, choisir le modèle qui vous convient et le tour est joué. Côté prix, il y en a pour tous les niveaux de vie. Et contrairement à la voiture, pas de condition préalable à remplir avant d’enfourcher sa bécane. Il n’est point besoin, par exemple, d’avoir son permis de conduite d’engins à deux roues. Même si des formations sont offertes en la matière, elles ne sont pas codifiées par la législation burkinabè.

Votre choc sera terrible lorsque vous apercevrez des enfants de moins de douze ans rouler à tombeau ouvert. Vous déduirez que les tuteurs de ces mineurs ont, tout simplement, fui leurs responsabilités. Vous ne ménagerez pas l’État qui semble rester indifférent à tout cela.  Lui, qui peut pourtant se servir de mécanismes de coercition (verbalisation en cas de dépassement de la vitesse de circulation, imposition du port de casque…). Cependant, il préfère jouer la carte du mutisme.

Mais cela vous mettra tout de même du baume au cœur d’apprendre que le business lié à la commercialisation de ces motocyclettes a favorisé la naissance et le développement de nombreux emplois : celui d’opérateur de parking, de laveur de motocyclettes et de mécanicien. A tous les coins de la rue, ils sont présents et se frottent manifestement les mains.

Resbron Guy Barry

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