Etudes supérieures au Burkina : la triste réalité

« Les candidats dont les noms suivent sont déclarés admis… ». Telle est la phrase magique prononcée par le président du jury avant de rendre le verdict de l’admission au baccalauréat,  sanctionnant ainsi neuf longs mois de cours intenses et d’exercices. On assiste alors à des scènes de liesse, souvent déjantées. « Ça en vaut le coup ! Il n’est pas donné à tous d’avoir le baccalauréat… », diront certains.

Mais l’euphorie des premiers jours d’après admission va progressivement s’estomper et laisser place  au questionnement : «  A présent que j’ai le bac, que vais-je faire ? Où vais-je m’inscrire ? Quelle étude vais-je mener ? Quelle profession vais-je exercer? »

Pour la session de 2016, ils sont 27267 candidats à avoir été reçus au baccalauréat. Pour continuer leurs études, il leur a fallu choisir entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Un véritable dilemme.

Poursuivre ses études supérieures dans le public requiert un grand sacrifice. Avant tout, il faut accepter le retard qui y règne. Les nombreuses tentatives visant à pallier le problème, à travers notamment le système de « blanchiment technique » n’ont pas réussi à instaurer la normalité. Etudier dans le public, c’est aussi accepter des conditions draconiennes de travail : insuffisance de salles de cours, effectif pléthorique, etc. Mais une chose est sûre : vous n’aurez pas de souci à vous faire quant à la reconnaissance de vos diplômes. Vous pourrez les faire valoir lors des concours de la fonction publique et pour les offres d’emploi ; votre sacrifice n’aura donc pas été vain.

Si cette option ne vous convient pas, vous pouvez toujours vous inscrire dans le privé, qui propose une palette de filières de formation professionnelle. Les conditions de travail y sont on ne peut plus aisées : effectif réduit, salles climatisées, etc. Mais la qualité des prestations de service laisse souvent à désirer : enseignants non qualifiés, programmes d’enseignement inadaptés à la filière de formation, etc. La cerise sur le gâteau : dans bien des cas, les diplômes ne sont pas reconnus par le CAMES, ni même par l’Etat burkinabè.

Cependant, quelle que soit l’option de formation, vous n’êtes pas à l’abri du chômage. Selon l’enquête multisectorielle continue réalisée en 2014, le taux de chômage global au Burkina Faso est de 6,6 %. Ce fléau frappe surtout la tranche d’âge des 15-34 ans, qui représentent environ 35 % de la population et 63,76 % des chômeurs.

Resbron Guy Barry

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